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Nancy - After Pride


je sais plus si il faisait chaud ou froid ce jour là. Ce jour où j’ai failli foutre en l’air la plus belle amitié de ma vie. Pour un truc con en vrai.


Je croyais être amoureuse de toi.

Je croyais a un truc romantique. 


Dans la nuit, on a fini dans ce bar de normy où je t’ai pour la deuxième fois déclaré ma flamme. [Petit rire]


J’me sens conne un peu aujourd’hui, mais j’ai beaucoup de compassion pour cette personne que j’étais quand même. 


À l’époque j’avais juste pas les mots sur ce que je vivais. Dès que j’avais un truc avec quelqu’un je pensais direct à l’amour romantique. Parce que je connaissais rien d’autres. 


On m’avais pas dit qu’il y avait d’autres amour. Que ces sensations de joies, d’insouciance  et  ce lien que je ressentais pour quelqu’un pouvais être autre chose que romantique. Mais toi, tu t’es accroché à cette petite meuf perdue mais avec qui tu rigolais bien. 


Et tu m’a appris. Avec toute la patience que je t’envies aujourd’hui, tu m’a appris. L’amitié. La vraie. Pas celle de circonstance. Tu m’as appris à être moi


à plus m’excuser d’être moi. 


Tu m’as appris les bases de tout amour. Tu m’as appris que c’est un choix. Qu’on choisi et qu’on travail à aimer, peu importe sa forme. 


C’est con mais… Il fallait quelqu’un. Il faut quelqu’un qui prend le temps pour t’expliquer, pour te faire ressentir l’amour, le vrai. Pas l’inconditionnel, le construit. 


Sans toi, ta patience, ton amour… Sans toutes ces leçons cachée durant des repas de midi. J’aurais jamais fuis les violences, j’aurais pas pu construire d’adelphité, j’aurais pas pu virve 2 ans magnifique avec ma colloc, construire un chez moi. j’aurais peut être jamais su comment être aimée. Donc comment aimer. 


En fait non ! Surtout ! J’aurais jamais ressentie ce petit truc, cette paix, ces petites fleurs au fond de mon âme. 


« Plus jamais seule »




En quelques mois. Seule face aux violences de mon ex. Seule face à la précarité. Seule face à la transphobie, la grossophobie. Seule. Seule. Seule. Seule…


J’ai compris, j’ai mis du temps mais j’ai compris. À partir de maintenant, alors qu’on construisait notre amitié, qu’on construisait notre amour. Je serai plus jamais seule. C’est pas une question de savoir si on allait toujours trainer ensemble dans 50 ans, mais une solution, une sensation que le vide de ma vie ne serait jamais plus totalement vide, parce que quelqu’un, quelque part, à pris le temps avec moi. Pris le temps de trouver au fond de moi l’amour que j’ai toujours mérité. Pris le temps de me montrer que je pouvais être aimée comme je le voulais et pas comme on me l’imposait. Que… Quoi qu’il arrive. J’aurais toujours ce quelqu’un qui m’aime pour qui je suis. J’ai toujours trouvé ces phrases bateaux et vide de sens. Et j’aime pas aujourd’hui les lancée moi aussi dans le vide comme ça… Sans quelqu’un qui t’apprends à être aimée c’est compliqué. Mais toi. TOI. Toi t’as fais ça ! Pour moi ! Sans attendre quoi que ce soit, juste parce que ta choisi. T’a choisi de m’aimer au point ou le mot d’amitié n’a plus de sens. On a cherché, encore et encore des mots pour expliquer sans jamais trouver. 


On a passé tellement de temps à parler de nous que j’ai fini par oublié quand on parlait d’autres trucs. On a passé quoi, 4 - 5 ans ensemble, je sais même plus. Parce qu’on a construit ce truc que tellement de gens devrait nous envier. 


On se parle moins en ce moment, parce que t’as la mauvaise idée de travailler. Mais tu serais fière de moi. Parce qu’à mon tour, j’essaie. Peut être avec moins de patience que toi j’avoue. J’essaie de montrer à quelqu’un qu’elle mérite d’être aimée pour ce qu’elle est. Qu’elle a au fond d’elle tout l’amour qu’il faut pour être elle même sans s’excuser. Qu’il faut juste creuser un peu dans la violence qu’elle a subi et qui l’a enterré bien profond.  


J’essaie, de faire ce que tu m’as appris, d’aimer. Pas sans condition, mais en construisant. En me respectant, en la respectant. Parce que tu m’as donnée la plus belle sensation du monde et qu’elle aussi mérite de la ressentir.


Plus jamais seule. 


[Début musique]


C’est ça qui nous sauve, c’est ça qui nous permet de survivre. Cette petite graine qui nous raccroche à la vie, qui nous rappel qu’on a toujours une solution de sortie quand on est au plus bas. Une solution qu’on a pas toustes. Je dirai pas son nom, parce qu’elle en a des milliers qu’on a laissé tomber.


[Couplet 1]


Des milliers de nos soeurs qui n’ont jamais pu avoir ce sentiment. Des adelphes qu’on a laissé tombé. Sans toi j’en aurais fait partie. Et je refuse qu’elle en fasse partie. 


[couplet 2]


Alors je ferai la transmission, je prendrai le temps qu’il faut. Pour travailler à notre amitié, ne jamais la laissé tomber, et pour à mon tour, aidé quelqu’un à être aimé.


[Couplet 3] - Je ne le croyais pas

[Se lève ou regard public]


Et toi, toi ? Rappel toi que d’autres sont comme toi, d’autres aussi sont comme moi, d’autres à qui on a jamais appris à être aimé. bas toi, aime toi, et va aimer tes adelphes, fait le pour toutes nos soeurs qui sont mortes sans se sentiment.


[Couplet 4] 


[Aaah - Pleure]


[Aaah partie 2 - Essuie ses larmes]


[Clavessin - Se lève et prépare son sac]

[Basse - Mets du maquillage et s’habille]

[batterie - Prépare le drapeau trans]

J'ai plus envie
15 mai 2026 - Orée 85